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Banque mondiale : une stratégie numérique mondiale pour favoriser l’emploi des jeunes

Par ESSOH EmmanuelLe mardi 20 octobre 2026 à 18:29
Banque mondiale : une stratégie numérique mondiale pour favoriser l’emploi des jeunes

Le Groupe de la Banque mondiale a lancé le 20 octobre 2026 sa première stratégie numérique globale. L’initiative vise à réduire la fracture numérique, développer les compétences et stimuler la création d’emplois dans les pays en développement, avec un accent particulier sur l’intelligence artificielle

Le numérique peut-il devenir l’un des principaux moteurs de création d’emplois dans les pays en développement ? C’est l’ambition affichée par le Groupe de la Banque mondiale, qui a lancé, le mardi 20 octobre 2026, sa première stratégie numérique globale. À travers cette initiative, l’institution entend élargir l’accès aux technologies, renforcer les compétences des populations et aider les économies émergentes à tirer davantage profit de la transformation numérique.

Cette nouvelle orientation intervient dans un contexte marqué par un défi majeur : environ 1,2 milliard de jeunes devraient entrer sur le marché du travail mondial au cours des prochaines années. Pour de nombreux pays en développement, la capacité à créer des emplois, à former la jeunesse et à accompagner les mutations économiques sera déterminante.

Mais pour que le numérique contribue réellement à cette dynamique, encore faut-il que les populations puissent accéder à Internet, disposer d’équipements abordables et acquérir les compétences nécessaires. Selon les chiffres avancés dans le cadre de cette initiative, près de deux milliards de personnes n’avaient toujours pas accès à Internet en 2025.

Face à cette fracture numérique, la Banque mondiale veut promouvoir une approche qui ne se limite pas aux infrastructures technologiques, mais englobe également la formation, les services en ligne et les nouvelles possibilités offertes par l’intelligence artificielle (IA).

La stratégie repose sur quatre axes complémentaires destinés à rendre le numérique plus accessible et à en faire un levier de développement économique.

Le premier concerne l’amélioration de la connectivité. Dans plusieurs pays en développement, l’accès à Internet reste limité par l’insuffisance des infrastructures, leur coût ou l’absence d’électricité dans certaines zones. La Banque mondiale entend donc soutenir le développement des réseaux, notamment les câbles internationaux et les infrastructures nationales, tout en encourageant une planification conjointe de l’accès à l’électricité et à Internet.

Le deuxième axe porte sur le coût des équipements et des services numériques. Pour de nombreuses familles, l’achat d’un smartphone et le paiement régulier d’un forfait Internet représentent encore des dépenses difficiles à supporter. L’institution souhaite favoriser des partenariats avec les fabricants d’appareils et les opérateurs de télécommunications afin de rendre ces outils plus abordables.

Le troisième volet vise le développement des services numériques et des compétences. L’objectif est de soutenir la création de services publics et commerciaux adaptés aux besoins locaux, tout en formant une main-d’œuvre capable d’utiliser efficacement les technologies. Cette orientation pourrait ouvrir de nouvelles perspectives dans des secteurs comme le commerce, l’éducation, l’agriculture et les services.

Enfin, la stratégie entend préparer les pays à l’essor de l’intelligence artificielle. Pour la Banque mondiale, l’enjeu consiste à aider les économies émergentes à intégrer ces technologies afin d’améliorer la productivité et de soutenir la création d’activités économiques.

En parallèle de sa stratégie numérique, le Groupe de la Banque mondiale a annoncé une initiative consacrée aux infrastructures et à la préparation à l’intelligence artificielle.

Le dispositif vise notamment à faciliter l’accès des gouvernements des marchés émergents à des capacités de calcul abordables. Il prévoit de favoriser la mutualisation d’infrastructures informatiques équipées de processeurs graphiques, appelés GPU, qui sont essentiels au développement et à l’utilisation de nombreuses applications d’intelligence artificielle.

Cette approche pourrait permettre aux pays concernés d’accéder à des ressources technologiques performantes sans devoir financer seuls la construction et l’exploitation de grands centres de données nationaux. Le partage des capacités de calcul constitue ainsi une piste pour réduire les coûts et élargir l’accès aux outils d’IA.

L’initiative doit se concentrer dans un premier temps sur l’Afrique et l’Amérique latine, avec la participation annoncée d’acteurs technologiques tels que NVIDIA et Cassava Technologies.

Pour les pays africains, cette orientation représente une possibilité de renforcer leurs capacités numériques et de mieux se préparer aux évolutions technologiques. Toutefois, les retombées dépendront notamment des conditions d’accès à ces infrastructures, des investissements mobilisés et de la capacité des entreprises et des administrations à utiliser ces outils.

Au-delà des équipements et des infrastructures, la question de l’emploi reste au cœur de cette stratégie. L’accès au numérique peut favoriser l’émergence de nouvelles entreprises, faciliter le travail à distance et ouvrir des débouchés dans les métiers liés aux technologies.

Mais ces perspectives ne se concrétiseront pas automatiquement. Les jeunes devront pouvoir bénéficier de formations adaptées, tandis que les entreprises auront besoin d’un environnement favorable à l’innovation et à l’investissement. La maîtrise des outils numériques, la qualité de la connexion et l’accès aux financements resteront des facteurs déterminants.

Pour les pays d’Afrique subsaharienne, l’enjeu sera donc de transformer les investissements technologiques en activités économiques concrètes. Cela suppose également de veiller à ce que les populations rurales, les petites entreprises et les personnes disposant de faibles revenus ne restent pas à l’écart de cette évolution.

Avec cette première stratégie numérique globale, le Groupe de la Banque mondiale affiche sa volonté de faire des technologies un instrument de développement plus inclusif. L’institution entend agir simultanément sur la connectivité, le coût des équipements, les compétences et la préparation à l’intelligence artificielle.

Le défi sera désormais de transformer ces priorités en résultats mesurables : un accès élargi à Internet, des formations plus accessibles, des entreprises capables de se développer grâce au numérique et davantage de possibilités d’emploi pour les jeunes.

Dans un monde où les technologies prennent une place croissante dans l’économie, l’accès au numérique devient un enjeu de compétitivité autant que d’inclusion sociale. Pour les pays en développement, la réussite de cette stratégie dépendra de leur capacité à faire de la transformation numérique un outil au service des populations et de la création de richesses.